| Mars 1. Nous ne voulons pas admettre
que la souffrance est nécessaire à
notre âme; que la croix
doit être notre pain quotidien.
La croix est nécessaire à l'âme
comme la nourriture au corps, jour
après jour; c'est elle qui la purifie
et la libère de son attachement aux créatures.
Nous avons du mal à comprendre que Dieu ne veut pas,
ne peut pas nous sauver sans la croix; et plus il attire
une âme à lui, plus il la purifie
par la croix.
2. Chacun, sur cette terre, doit
porter sa croix; mais faisons en sorte
de ne pas être le mauvais larron,
mais bien plutôt le bon larron.
3. Qu'elles sont
heureuses les âmes qui vivent de foi, qui
adorent en tout les jugements saints
et justes de Dieu, qui se réjouissent
d'être affligées et qui transforment
l'absinthe en miel.
4. Le Seigneur
ne me donnera personne pour m'aider à
porter la croix. Je dois seulement
faire la volonté de Dieu et lui être
agréable. Le reste, pour moi, n'a
aucune importance.
5. Pendant ta vie,
le Christ ne te demande pas de porter avec
lui toute sa lourde croix, mais juste
un petit morceau, en acceptant tes souffrances.
6. Je tiens
tout d'abord à te dire que le Seigneur a besoin
de personnes qui souffrent
avec lui devant l'impiété
des hommes. C'est pour cette raison
qu'il me mène sur les voies
douloureuses dont tu me parles dans
ta lettre. Mais qu'il soit toujours
béni, parce que son amour apporte
de la douceur au milieu de l'amertume;
il change les souffrances passagères
de cette vie en mérites pour l'éternité.
7. Tu n'as
rien à craindre.
Estime-toi au contraire
très heureuse d'avoir été jugée digne
d'avoir part aux souffrances de l'Homme-Dieu.
Il ne s'agit pas, de la part du
Seigneur, d'un abandon ni d'une
punition; au contraire, il te témoigne
de l'amour, un grand amour.
Tu dois en rendre grâce à Dieu et te résigner à boire
le calice de Gethsémani.
8. J'ai bien compris que ton
calvaire devient toujours plus douloureux. Mais
pense à ceci:
C'est au Calvaire que le Christ a
obtenu notre rédemption, et c'est
là aussi que doit s'accomplir le
salut des âmes rachetées par son sang.
9. Je sais
combien tu souffres, mais est-ce que ce ne sont
pas là les joyaux de l'Époux?
10. Parfois le Seigneur te
fait sentir le poids de la croix.
Ce poids te semble insupportable,
et pourtant tu le portes parce que le
Seigneur, qui est plein d'amour et
de miséricorde, te tend la main et te
donne la force nécessaire.
11. Certaines douceurs
intérieures sont des sucres d'orge
pour enfants! Elles ne sont pas un
signe de perfection. Ce ne sont pas
les douceurs qui importent, mais
les douleurs!
Les signes d'un amour véritable
s'appellent aridités, dégoûts, impuissances.
La douleur est source de joie.
L'exil est beau, car quand on souffre,
on a quelque chose à donner à Dieu.
Le don de notre douleur, de nos
souffrances, est une grande
chose; cela nous sera impossible
au paradis.
12. Mon coeur t'appartient... Prends-le donc,
Seigneur, comble-le de ton amour, puis demande-moi
tout ce que tu voudras.
13. Aime Jésus; aime-le beaucoup;
mais justement pour cette raison, aime davantage le sacrifice.
14. Un coeur bon est toujours fort; s'il souffre,
il cache ses larmes et se console en se sacrifiant
pour les autres et pour Dieu.
15. Celui qui commence à aimer
doit être prêt à souffrir.
16. Les âmes grandes
ont aimé la douleur avec joie, car,
après la chute originelle, la souffrance est
l'auxiliaire de la création. Elle
est le plus puissant levier pour relever l'homme; elle est le second bras de l'Amour
infini pour notre régénération.
17. Ne redoutez pas les adversités:
elles conduisent l'âme au pied de la Croix, et la Croix
nous amène aux portes du Ciel: là,
se tient Celui qui a triomphé de la
mort, et il nous introduira aux joies éternelles.
18. Si tu souffres résigné à la
volonté de Dieu, tu ne l'offense pas, mais tu fais,
au contraire, un acte d'amour. Et ton coeur trouvera
un grand réconfort si tu
penses qu'à l'heure de la douleur
le Christ souffre en toi et par toi.
Jésus ne t'a pas abandonné lorsque
tu fuyais loin de lui, alors
pourquoi t'abandonnerait-il maintenant
que tu lui prouves ton
amour par le martyre que subit ton âme?
19. Gravissons généreusement
les pentes du Calvaire par amour
de Celui qui s'est immolé par
amour pour nous.
Soyons patients, car nous sommes
certains de prendre un jour
notre envol pour le Thabor.
20. Tiens-toi fortement et
constamment unie à Dieu et offre-lui tout ton amour,
ton travail, toi-même.
Lorsque ton Époux céleste
te rendra visite à travers les épreuves
de l'aridité et des ténèbres de
l'esprit, attends avec patience que
le soleil revienne.
21.
Oui, j'aime la Croix, la Croix
seule. Je l'aime parce que je la vois toujours derrière Jésus.
22. Les vrais serviteurs
de Dieu ont toujours beaucoup estimé
les adversités. Elles sont conformes à la voie
parcourue par notre Seigneur. C'est en effet par la Croix
et les opprobres qu'il nous a sauvés.
23. Souffrir, c'est le sort
des élus.
Dieu, auteur de toute grâce et de tout
don
qui conduit au salut, a voulu nous donner la gloire
par la souffrance supportée chrétiennement.
24. Aime toujours
la souffrance: non seulement elle est l'oeuvre de la sagesse
divine, mais elle nous révèle son amour.
25. Ne vous troublez
pas si votre nature se rebiffe devant la souffrance: le péché
mis à part, il n'y a rien de plus naturel.
Avec l'aide de Dieu, votre volonté sera la plus forte
et jamais l'amour de Dieu ne viendra à vous manquer,
si toutefois vous ne négligez pas la prière.
26. La vie est un
calvaire, certes, mais qu'il convient de gravir avec joie.
Les croix sont comme les bijoux offerts par l'Époux,
et j'y suis particulièrement attaché.
Je me réjouis
de mes souffrances. Je souffre uniquement lorsque je ne
souffre pas.
27. Le Dieu des chrétiens est le Dieu de
la métamorphose. Offrez-lui vos peines, et vous en
retirerez la paix. Abandonnez-lui vos désespoirs,
il vous restera l'espérance.
28. Il y a une chose que les anges
eux-mêmes nous envient: ils ne peuvent pas souffrir pour Dieu.
Seule la souffrance permet à une âme de dire
avec certitude: "Mon Dieu, vous voyez bien que je
vous aime!".
29. Tes souffrances physiques et
morales, voilà la plus digne offrande que tu puisses faire à Celui
qui nous a sauvés en souffrant.
30. Je suis infiniment heureux
en apprenant que le Seigneur comble toujours ton âme de ses
caresses.
Je sais combien tu souffres, mais
cette douleur n'est-elle pas le signe que Dieu t'aime?
N'est-elle pas
la marque distinctive de toute âme
qui a choisi comme part et héritage un Dieu crucifié?
Je sais que les ténèbres de
l'épreuve entourent ton esprit; mais
il doit te suffire de savoir que Jésus-Christ
est en toi et avec toi.
31. Accepte toute souffrance,
toute incompréhension qui vient du Ciel. Car c'est ainsi que tu
deviendras parfait et que tu te sanctifieras.
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